realityfiction

Samedi 1 mars 2008
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La pluie tombe, mon cœur
Mon cœur tombe sous la pluie
La pluie qui emporte mon cœur qui
Traversant les caniveaux
Dérivant sur toutes les eaux
Peine à te dénicher
Petit oiseau tout emplumé
Que bouleverse les averses.

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waiting-for-the-sun.jpg
Par galette
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Lundi 14 janvier 2008

*La mécanique du coeur - Dionysos <3



~



Aussi loin que cela me menait, je t'ai toujours aimé
Tu tiens entre tes mains ce que j'ai peine à appeler
Tu tires sans cesse sur cette chose qui m'habite
Qui m'habite mais qui n'a pas de nom, ni de forme
Serait-ce tout simplement moi ? Alors quand tu dis
Quand tu dis que tu te perds en moi, cela voudrait-il
Dire que tu te perds en cette chose, qui m'habite 
Qui me hante, qui m'angoisse, qui n'a pas de visage ? 
Je serai poète pour que tu te plonges encore en moi
Je serai un homme pour devenir poète, pour toi
Une fois poète, tu te plongeras dans l'homme 
Une fois dans l'homme, tu découvriras le poète 
Et tu toucheras, tu attraperas, tu tireras sur elle
Cette chose qui m'habite et tu seras peut-être
Moi ou Lui - qui sait lequel je suis entre les deux ?





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 Dans le bleu des orbes d'Arthur
On voit la mer, l'azur
(et l'adolescent plein d'éraflures...)

Par galette
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Mercredi 26 décembre 2007
*en fond sonore : Irène - Thomas Fersen*
*en fond de pensée : Le condamné à mort - Jean Genet*




Il a les mauvaise manières des gens introvertis
Qui dans un silence de courtoisie s'effacent
Au profit de l'autre, cet homme à la dérive,
L'épileptique au visage agité de tics

C'lui auquel on demande tant s'il est vivant
Qu'il en vient à douter de la véracité
De ses affirmations tant les contradictions
S'imposent à lui pareil à des milliers d'eux-mêmes.

Mais l'adieu à ses dieux, ses dieux de dévotion
L'adieu à ses amants, passionnés et aimants
L'adieu à ses chimères, qui des autres le libèrent

Paraît inconcevable, lui qui n'est plus très stable.
Il a les mauvaises manières, en somme,
De l'homme sans raison épris de ses passions.





tbm-009.jpg   

Mademoiselle Irène : aquarelle (avec des couleurs un peu caca >.< c'est mieux en n&b) by moi.
Par galette
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Dimanche 2 décembre 2007
Copie-de-nfd2-004.jpg
Dieu qu’elle est belle
Ma Solitude 
Dieu, je t’appelle
Par habitude
En attendant
-Ridiculement-
Qu’un des deux
Daigne me répondre
Par galette
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Lundi 19 novembre 2007
*
 
Il se réveilla sur les coups de 10 heures, chose très inhabituelle pour le lève-tôt qu'il était. On dit que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ; pour preuve, le premier geste qu'il eu en ouvrant les yeux fut de les refermer : l'avenir n'était plus qu'une vague idée, quelque chose de très flou dont il se moquait parfaitement à ce moment précis. Son bras gauche était engourdi ; il le secoua mollement pour atténuer les picotements qui le parcouraient. Les rideaux, même tirés, laissaient filtrer la lueur du jour, la lueur du treize juillet deux mille six. Il soupira. Roula sur le côté. Appuya légèrement sur le tiroir de la table de chevet ; celui-ci s’ouvrit dans un petit clic. Dedans, bien cachée sous le livret de famille et autres documents administratifs, une photo. Sa photo. Celle qui ornait autrefois cette même table de chevet. Celle qui l’accueillait tous les matins. Celle qui lui rappelait qu’à ses côtés, dans son lit, dans un autre lit, elle dormait encore –elle dormait beaucoup trop. Elle était un peu cornée, mais pas jaunie pour autan ; au bout de combien de temps allait-elle jaunir ? Cela faisait déjà sept ans, sept ans et demi. Elle était un peu cornée et le brillant qui la couvrait se ternissait à mesure qu’elle s’éloignait de lui. Pourtant, le temps n’avait pas altéré son sourire. Au contraire, en ce treize juillet, il la sentait plus que jamais auprès de lui. Jeune. Belle. Vivante. Le temps, par contre, l’avait abîmé, un peu trop. Des rides au coin des yeux, sur le front ; des problèmes de vue, des lunettes pour lire ; des cheveux de plus en plus clairs, des cheveux blancs ; une mélancolie qui ne survient que lorsqu’on a atteint un certain âge. Cinquante ans, par exemple. Justement, ce jour-là, il avait cinquante ans et il pensait à elle comme s’il en avait quarante, comme s’il était encore éperdument amoureux d’elle. Il la tenait encore dans ses bras, ce jour-là, à l’île d’Oléron, Jules ne dépassait pas les six ans, Priscilla les deux, on les voyaient jouer avec Solange en arrière-plan, le soleil leur faisait plisser les yeux et un touriste assez aimable fixait cet instant sur la pellicule de leur jetable. Cette photo fut la dernière qu’ils prirent tous ensemble, en vacances, heureux. Thierry n’était pas encore né. Il n’avait aucune photo avec elle d’ailleurs. A présent, il y avait, sur la table de chevet, encadrée de quatre planchettes de bois décorées main, une scène bien différente. Trop différente. Il remit le cliché en place, dans son tiroir, et se leva pour tirer les rideaux. L’autre photo avait été prise dans le sud, il ne savait plus exactement à quel endroit, ils avaient parcouru la France entière ensemble. Les enfants étaient bien plus âgés ; Jules avait treize ans, Priscilla neuf ans et Titou trois. Ils pique-niquaient près d’une rivière ; Arnaud avait acheté un appareil photo de professionnel juste avant qu’ils ne partent. C’était lui qui avait fixé l’instant sur son Kodak EasyShare ; lui qui avait surpris Titou accroché à son cou, Priscilla riant aux éclats et Jules louchant sur le verre de vin. Alors que sur le premier cliché il tenait Anouk, sa femme adorée, tout près de lui, et que les enfants n’étaient que points vacillants derrière eux, le deuxième montrait une complicité entre eux qu’il n’y avait jamais eu du temps qu’elle était encore en vie. Alors il aurait dû apparaître sur la photo, être encadré, lui aussi, par des planchettes de bois rayées vert et jaune, ce photographe auquel personne ne faisait réellement attention. Il aurait dû l’accueillir tous les matins ; lui rappeler qu’à ses côtés, dans ce même lit, il se réveillait pour aller emmener Titou à l’école. Cela faisait combien de temps, déjà ? Sept ans. Sans doute plus. Il remua la chambre entière pour trouver le polaroïd, bien calé dans house, avec tous ses accessoires auxquels il ne comprenait rien. Il le passa autour de son cou et descendit les escaliers aussi discrètement qu’il le put. Il croisa Zahara.
 
« Tonton ? Dans le jardin, je crois. »
 
Il se rendit dans le jardin. Il faisait aussi beau qu’à l’île d’Oléron ; d’ailleurs le soleil lui faisait plisser un peu les yeux. Il l’appela. L’autre se retourna. « Oui ? » Clic. Et il s’en alla comme un voleur. Retourna dans la chambre, trouva une boîte de punaise. Il en prit deux –une jaune et une verte- et accrocha le polaroïd près du lit, au dessus la table de chevet.     
 
Il venait d’avoir cinquante ans et les vieux refrains commençaient à lui peser.


*

Je suis un peu trop sentimentaliste, mais j'aime ça xD

 

Bonus : autoportrait raté (peut-être dans quelques années...)
tbm.jpg

Par galette
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Mercredi 7 novembre 2007

-Aux sombres héros de l'amer-
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On dirait la mer…
 
On entend le chant des vagues et le murmure de l’eau. En haut du mat noirci, on aperçoit la rive, et les passants gémissant de nous voir si loin d’eux. On sent la terre s’éloigner peu à peu et la quiétude des jours insouciants semble s’évanouir. L’angoisse qui nous prend.
 
On dirait la mer.
Le mal de mer.
La tête qui tourne.
Les boyaux qui se vident.
Les bateaux qui tanguent.
Les naufrages.
 
Puis le clapotis de l’eau nous berce lentement. Là, plus d’inquiétude, c’est la mer qui commande, les passants ne sont plus que points indistincts sur la rive. Les cieux sont clairs, presque limpides. L’air frais, pareil à la rosée, nous enveloppe. Le matin bourgeonne. C’est le calme…
 
L’éternité nous prend d’un coup. 




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Par galette
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Dimanche 4 novembre 2007
Atchouuum !
Il fait froid aujourd’hui.
Les feuilles cheminent le sol.
Le ciel nous plombe de son gris.
Les grosses écharpes en laine nous cajolent.
Et personne ne sourit.
Et moi, j’attends mon homme.
Mon père,
Mon ami,
Mon compagnon,
Mon éditeur,
Mon coach sportif,
Mon boulanger.
Mon homme.
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Par galette
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Mardi 16 octobre 2007
(la mondialisation, c'est important, mais qu'est-ce que c'est chiant à étudier...)



***


Mise en contexte du texte (c'est moche dit comme ça Oo)

J. Leinenberg est un écrivain à succès. Pourtant, il est dépassé par cette notoriété dont il se cache depuis presque dix ans. Il décide donc de tout quitter et voyage à travers le monde. Il ne garde contact qu'avec Harry, son ami.

 
"Querido,
 
Je respire sous le poumon du monde.
Mon cœur bat pour vous tous, cependant. Mon cœur s’éparpille, je tente de le distribuer partout où je passe. Querido, je t’envoie un petit bout de moi, un petit bout du moi que tu ne connais pas encore. Je change. J’apprends à changer.
Les ventes du dernier livre ont décollé, paraît-il, mais Coco ne peut plus me joindre ; j’espère que tu t’occupes bien des recettes, que Carla peut vivre convenablement et que tu choisis bien les œuvres auxquelles tu donnes : ne te concentre pas sur une seule association, je veux que tu donnes autant que tu peux à autant d’organisations qu’il t’est possible, à autant d’individus que tu pourras combler.
Querido, j’ai changé et je respire sous le poumon du monde.
Mon âme est internationale ; mon âme vogue sur les eaux du monde.
Mon ancre, occupe-toi bien de ton petit monde, il n’est pas nécessaire de t’enfuir comme je l’ai fait. Je n’ai aucun repère à part toi, j’appartiens à toutes les entités de cette planète ; je n’ai pas d’attache, alors je me nourris des autres, de la culture des autres, de l’amour des autres. J’apprends à aider, à aimer.
Alors que je respire l’air le plus pur qu’il soit, tu t’étouffes sous les pots d’échappement. Je veux t’emmener sous les branches humides, sous les abris feuillus où tu te saouleras de pureté, où, toujours ivre de nouvelles sensations, tu t’élèveras. Mais il m’est impossible de t’arracher à la pollution qui t’a vu naître ; alors résiste, mon ancre, résiste, c’est comme cela que l’on forge un homme. Résiste et bats-toi. Tu es fort, je le sais alors ne sombre pas ; ma lumière, tu m’as éclairé sur les voies d’une relative sagesse, d’un profond respect de la nature et des hommes.
Je redoute l’instant où je devrais t’oublier, où je devrais me détacher de toi afin de rechercher ce que peu d'entre nous osent affronter... (…)"




*L'expression de "poumon du monde " (la forêt amazonienne) était tellement belle, comme une fleur qui pousse sur l'asphalte d'un cours de géographie pas passionnant, qu'elle m'a donné l'envie d'écrire ce petit bout de lettre tiré d'un éventuel non best-seller de ma part xD*
Par galette
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Samedi 13 octobre 2007
A l’orée de la nuit,
 
            Il y a un tas de tôles rouillées, des poutres putréfiées, des âmes confinées,
            Des chats errants qui ronronnent sur des murets blancs
            Des chaînes, visibles et invisibles, qui tintent -tit ! tit ! tit !-
            Et l’ennui
            Un peu
            Mais assez
            Faut-il se faire une raison ?
 
Le papillon déploie ses ailes mais stagne.
Le papillon coule dans les marécages.
Il s’enlise,
   Se balise.
 
A l’orée de la nuit, il y a le rhum qui traverse tes veines, qui obstrue les miennes. Un mauvais goût de communautarisme s’insinue dans la bouche. La langue devient râpeuse, la peau sinueuse ; la langue : île inutile ici bas.
            Il y a l’amertume.
            Bientôt, c’est l’échéance.
Cependant, le corps réclame sa terre. Les pieds, le bitume.
C’est son être qu’on exhume.
            Il y a la vie joyeuse.
            Il y a la vie pompeuse.
                               Malheureuse.
            Il y a la vie.
 
A laquelle le poète n’appartient pas. 




***
(merci aux poètes de la négritude pour avoir inspiré mes vacances... [phrase a peu près française Oo])
Par galette
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Mardi 2 octobre 2007

Ecoute les feuilles de cocotiers dans le vent
C'est le chant des ancêtres, c'est le chant de ton sang
Ecoute le crissement de l'air suffocant
Respecte ton père, honore ta mère...
Regarde le ciel ombragé
Regarde les cases aux toits rouillés
Regarde la mer et noie-toi...

[Devant il y a un poulailler. Enfin, devant... Devant c'est plutôt une baie vitrée de persiennes et de moustiquaires meurtrières. 
Puis le vide. 
Puis la guitare qui flotte sur la table basse. 
Puis une fourmis reine qui rejoint sa cour.]

Ecoute Strummer gueuler dans le vent
C'est le sang bouillonnant, c'est le sang de ton chant
Ecoute l'insensé des guitares saturées
C'est une voix du passé
Respecte tes pairs, honore la matière...
Regarde le ciel ombragé
Regarde la musique pulser
Regarde la mer et noie-toi...

(...)

Paresse;
paresse qui engourdit les membres gorgés de soleil;
paresse qui engloutit le cerveau, qui tarit la plume.
Deux bonnes claques -et une douche-
paresse qui englue la bouche.
Paresse qui se prélasse dans un cocon de solitude.
Paresse qui prend toute la place.

Et finalement, écriture pour constipés des méninges. 
Littérature pour malades et blablatages.

(...)

Ecoute les divagations d'un vieux dégueulasse
Déshonore ta mère, renie ton père
Ecoute la voix des ancêtres
C'est le souffle qui capture en son sein toute l'essence de ce papillon marin...

Ecoute et retiens.
TOUT.

Par galette
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